Inquiétudes Scientifiques
Il existe de nombreuses preuves scientifiques qui démontrent que les tests de toxicité sur animaux manquent de prédire avec précision la réaction de l’homme aux produits chimiques. Ces erreurs ne sont pas surprenantes, étant donné les nombreuses différences qui séparent les espèces dans le domaine de l’anatomie, de la physiologie, de la biochimie et du métabolisme. Ces variantes font de l’extrapolation des résultats d’expériences des tests à d’autres espèces un exercice incertain.
Les exemples suivants illustrent certains échecs clés concernant les études de toxicité basées sur les animaux.
L’essai multicentrique de cytotoxicité in vitro (un programme qui dura 7 ans) a comparé les résultats de toxicité aiguë de 50 produits chimiques chez le rat et la souris avec les résultats de l’exposition humaine réelle et a révélé que ces tests toxicologiques étaient fiables chez l’homme à environ 65%. Par ailleurs, pendant une récente conférence internationale à Washington DC sur les tests de toxicité aiguë, des scientifiques ont affirmé qu’ils n’étaient pas certains que les résultats de tests de toxicité aiguë sur les rats soient transférables à d’autres rats. Par contre, une série de quatre tests sur cellules humaines pouvait prédire à 84% la toxicité sur l’homme.
Contrairement à l’homme, le rongeur n’a pas le réflexe de vomir. Etant incapable de débarrasser son corps d’un produit chimique toxique, son degré d’exposition aux produits chimiques se voit proportionnellement augmenté, rendant l’extrapolation des résultats de tests sur rongeur à l’homme très douteuse.
Les rongeurs ne vivent que 2 ou 3 ans, mais la longévité moyenne de l’homme est de 75 ans ou plus. C’est très important en particulier pour les études de toxicité à long terme. Par exemple, le rat a plus de plus de risques d’attraper le cancer que l’homme dont la longévité supérieure a permis de développer plus de défenses face aux cancers spontanés. De la même façon, les espèces animales naissent à des étapes de développement différentes, ce qui rend les résultats des études de toxicité du développement virtuellement sans intérêt pour les nourrissons et les enfants.
En plus des différences entre les espèces animales, il peut aussi y avoir des différences importantes entre les sous-espèces et les différentes races chez les mêmes espèces. Par exemple, le carbamate d’éthyle ou uréthane engendre de nombreux cas de cancer chez certains types de souris mais pas chez d’autres. Idem pour le chloroforme qui fut la cause de tumeurs du foie chez différents types de rats femelles mais pas chez les mâles.
Il existe aussi de nombreux cas où les tests de toxicité basés sur les animaux n’ont pas pu prédire les malformations de naissance chez l’homme. Par exemple, une série de désinfectants sur le marché italien portant les noms Mipaphox, Trichlorphan et Diptorex ont provoqué des détériorations du système nerveux chez l’homme et chez d’autres animaux, et ceci bien que des souris aient été nourries de doses allant jusqu’à 1,500 mg/kg sans effet nocif apparent.
Les défauts de l’approche basée sur l’animal sont également évidents si l’on considère les résultats des études cancérigènes. L’arsenic par exemple, n’avait pas été classé comme cancérigène car on s’était basé sur des expériences animales. Or on a découvert par la suite qu’il provoquait des cancers de poumons avancés chez les ouvriers des usines métallurgiques exposés à l’arsenic dans l’air ambiant.
De la même façon, le lien courant entre le benzène et la leucémie a été établi en 1928 ; cependant, les nombreuses études sur animaux qui ont suivi n’ont su démontrer ce fait.
Les conditions mêmes dans lesquelles les animaux sont détenus dans les laboratoires et les séries de tests douloureux et accablants dont ils sont sujets quotidiennement sont à eux seuls capables d’avoir une influence sur chaque organe et système biochimique du corps. Des facteurs tels que le bruit, l’immobilisation, l’isolation, la douleur, la détresse psychologique, la précarité, la litière, le regroupement, la séparation maternelle, le manque de sommeil, l’hypersexualité, la chirurgie et l’euthanasie sont tous susceptibles d’influencer la mortalité, la sensibilité de contact, la prédisposition aux tumeurs et la dissémination métastatique ainsi que l’affaiblissement de la résistance virale et de la réponse immunitaire.